Chez Utilicar, nous mettons notre expertise au service de la sécurité, de la réglementation et de la fiabilité opérative de vos véhicules. Pour les transporteurs et exploitants d’autocars, connaître et respecter les règles de conduite et de repos n’est pas un détail : c’est une exigence. Cet article vous guide pas à pas à travers les textes, les durées, les sanctions et les bonnes pratiques.
Comprendre la réglementation européenne sur les temps de conduite
L’un des cadres principaux est le Règlement (CE) n° 561/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006, qui fixe les durées de conduite, les pauses et les repos pour les conducteurs de transport de passagers ou de marchandises.
Il complète la directive Directive 2002/15/CE relative au temps de travail des travailleurs mobiles. 
Ces textes visent à prévenir la fatigue, à garantir la sécurité et à assurer des conditions de travail responsables dans le secteur du transport routier.
Le cadre légal applicable aux conducteurs d’autocars
D’un point de vue législatif, les articles 6 à 9 du règlement 561/2006 définissent :
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les durées maximales de conduite journalière ;
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les durées maximales hebdomadaires ;
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les pauses obligatoires ;
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les périodes de repos.
Pour un conducteur d’autocar, il ne s’agit pas seulement de conduire « tant qu’on tient », mais de respecter un rythme défini par la loi. Autrement dit, vous devez planifier vos trajets, vos pauses, vos repos comme un système intégré ; sinon, vous vous exposez à des sanctions et à des risques accrus.
Différences entre conduite continue, journalière et hebdomadaire
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Conduite continue : la période maximale sans pause obligatoire.
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Durée journalière : la somme totale de conduite possible dans un jour (24 h) avant repos.
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Durée hebdomadaire / sur deux semaines : les plafonds fixés sur 7 ou 14 jours afin d’éviter l’accumulation de fatigue.
Chacune de ces notions joue un rôle distinct dans la planification de l’exploitation d’un autocar.
Combien de temps un chauffeur peut‑il conduire sans pause ?
Avant de détailler les durées légales, voici une étape clé : la pause. Le respect des pauses est donc un préalable avant toute durée de conduite.
La durée maximale autorisée en conduite continue
Selon l’article 6 du règlement 561/2006, un conducteur ne doit pas conduire plus de 4 h 30 minutes sans interruption. Après cette période, une pause d’au moins 45 minutes est exigée.
Cette pause peut être fractionnée : 15 minutes + 30 minutes.
Les temps de pause obligatoires à respecter
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Pause minimum : 45 minutes après un maximum de 4 h 30 de conduite.
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Possibilité de fractionner la pause en deux parties (15 + 30 min) pour plus de flexibilité. 
Ces pauses sont essentielles pour assurer vigilance, détente musculaire et sécurité des passagers.
Les temps de conduite autorisés par jour, semaine et quinzaine
Voici comment s’organisent les limites sur différentes périodes.
Limite journalière de conduite
Le conducteur ne peut pas dépasser 9 heures de conduite dans une journée. Il est toutefois permis d’étendre cette durée à 10 heures maximum deux fois par semaine. Pourquoi ? Parce que conduire trop longtemps sans limitation augmente notablement le risque d’accident.
Temps de conduite sur une semaine glissante
La limite est fixée à 56 heures de conduite dans une semaine (7 jours). Ce plafond empêche l’accumulation de fatigue sur plusieurs jours.
Gestion sur deux semaines
Sur une période de deux semaines consécutives, le plafond est fixé à 90 heures. Cela garantit que le conducteur ne dépasse pas des plages de conduite excessives à moyen terme. 
Cas pratique : si semaine 1 = 50 h, semaine 2 = 42 h, il reste 90 – (50+42)= –2 h
Il y a donc dépassement et il faut ajuster le planning !
Sanctions et risques en cas de non‑respect de la législation
Le respect des règles de conduite, de pause et de repos est impératif : les contrôles sont fréquents, et les sanctions peuvent être lourdes.
Amendes et contrôles routiers
Les infractions aux règles du Règlement (CE) n° 561/2006 (durées de conduite, pauses, repos) sont passibles de sanctions en France :
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Le dépassement des durées de conduite ou du temps de repos peut donner lieu à une amende forfaitaire pouvant aller jusqu’à 750 € pour les contraventions de 4ᵉ classe. 
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Pour des infractions plus graves ou des dépassements importants, il s’agit de contraventions de 5ᵉ classe, avec amendes jusqu’à 1 500 € (et jusqu’à 3 000 € en cas de récidive). 
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Dans des cas extrêmes, comme falsification du chronotachygraphe ou documents frauduleux, les sanctions peuvent aller jusqu’à 1 an de prison et 30 000 € d’amende. 
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Immobilisation du véhicule peut également être ordonnée lorsque l’infraction est jugée grave. 
Ces montants sont applicables tant au conducteur qu’à l’employeur, selon la nature de l’infraction et la responsabilité engagée.
Conséquences pour l’employeur et le conducteur
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Pour le conducteur : en cas d’infraction (temps de conduite dépassés, absence de pause, tachygraphe mal utilisé), il risque une amende, un retrait d’habilitation, voire un contrôle disciplinaire ou pénal.
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Pour l’employeur / l’exploitant du transport : la responsabilité civile et pénale peut être engagée. Le non‑respect des règles peut entraîner une suspension de l’autorisation d’exploiter, un retrait provisoire de licence, des sanctions administratives, ainsi que des amendes substantielles (jusqu’à 30 000 € dans certains cas). 
Astuces pour planifier un trajet en autocar en respectant la loi
Prenons l’exemple suivant : un déplacement de Lille à Marseille, puis de Marseille à Bordeaux, avant un retour vers Lille. Voici comment optimiser :
Adapter les pauses au parcours
Jour 1 : Lille > Marseille (~990 km / 9h30 de conduite effective)
La réglementation impose une pause après 4h30 de conduite continue. Le conducteur ne peut donc pas effectuer le trajet d’une traite.
Voici une répartition conforme et réaliste :
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Départ de Lille à 8h00
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Pause obligatoire à 12h30 après 4h30 de conduite → pause de 45 minutes
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Reprise de la conduite à 13h15
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Arrivée à Marseille vers 17h45, soit 4h30 supplémentaires
Total : 9h de conduite sur la journée → dans la limite autorisée (maximum journalier : 9h, exceptionnellement 10h deux fois par semaine)
Bonnes pratiques :
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Anticiper les lieux de pause (aires avec sanitaires, restauration, sécurité)
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Informer les passagers en amont de l’horaire pour éviter les pressions de dernière minute
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Utiliser la pause pour vérifier visuellement le véhicule (pression pneus, fluides, etc.)
Utiliser les tachygraphes efficacement
Le tachygraphe numérique est le meilleur allié pour respecter la réglementation… à condition de bien l’exploiter.
Jour 2 : Marseille > Bordeaux (~645 km / 6h30 de conduite)
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Départ à 8h00
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Pause obligatoire à 12h30 (4h30 de conduite) → pause de 45 min
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Arrivée à Bordeaux à 15h45 après 2h30 de conduite supplémentaire
>>> Conduite quotidienne : 7h → sous la limite de 9h
Jour 3 : Bordeaux > Lille (~780 km / 8h de conduite)
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Départ à 7h30
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Pause obligatoire à 12h → pause de 45 min
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Reprise à 12h45, arrivée prévue vers 16h45
>>>Journée dans la limite des 9h autorisées
Planifier un long trajet comme celui-ci nécessite :
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Une bonne connaissance des temps légaux
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Une exploitation quotidienne des données du tachygraphe
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Une vision d’ensemble sur les 7 et 14 jours glissants
Ce travail peut être facilité par l’anticipation, la formation des conducteurs et des outils numériques bien utilisés. Chez [Nom de l’entreprise], on accompagne nos clients pour structurer des tournées conformes, sûres et efficaces.
Conclusion
La durée maximale est encadrée par la réglementation européenne, imposée au conducteur comme à l’entreprise. Respecter ces durées, faire des pauses au bon moment, planifier les trajets selon les montants journaliers et hebdomadaires, c’est garantir :
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la sécurité du conducteur,
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la pérennité de l’activité,
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et la réputation professionnelle de l’exploitant.